GEORGES CLEMENCEAU : DE 1865 À 1929, L’HISTOIRE OUBLIÉE DE L’INFLUENCE DE SA PROFONDE AMITIÉ AVEC L’AMÉRIQUE

GEORGES CLEMENCEAU : DE 1865 À 1929, L’HISTOIRE OUBLIÉE DE L’INFLUENCE DE SA PROFONDE AMITIÉ AVEC L’AMÉRIQUE

Lundi 28 novembre 2022 à 18h30 – Accueil à partir de 18h
9, avenue Franklin D. Roosevelt – Paris 8ème

La conférence, initiée par Monsieur Yvon Raak, administrateur de France-Amériques, Président de la Section Culture a été suivie d’un verre amical.

Le 28 septembre 1865 débarque à New York un jeune médecin français de vingt-quatre ans, Georges Clemenceau.

Pendant les quatre années qu’il passera aux Etats-Unis, il fera vivre aux lecteurs français du journal Le Temps, à travers une centaine d’articles, les soubresauts de la vie politique américaine, dans cette période de la Reconstruction qui suit l’assassinat de Lincoln, durant laquelle les radicaux républicains combattent pour faire triompher l’accès des anciens esclaves à la pleine citoyenneté contre les conservateurs qui veulent les maintenir dans un statut discriminé.

Clemenceau s’identifie à leur combat pour la liberté, l’égalité des droits, et la justice et à leur leader à la chambre des représentants Thaddeus Stevens. Il y forgera des éléments essentiels de son identité et de son savoir-faire politique. Ces valeurs et ces pratiques apprises aux Etats-Unis, il les mettra en oeuvre tout au long de sa carrière politique en France .

Lorsque, à l’apogée de sa vie politique, Clemenceau reçoit à Paris, pour la négociation du traité de Versailles le président des Etats-Unis Woodrow Wilson, il n’a pas oublié ses idées américaines et son amitié pour l’Amérique. Après avoir souvent reçu le soutien de Wilson dans la négociation des clauses du traité affectant la France, il signe avec lui et avec Lloyd George le premier traité militaire d’alliance atlantique, le pacte de garantie, qui prévoit l’intervention des Etats-Unis et de la Grande Bretagne en soutien de la France en cas d’agression allemande. Pour Clemenceau c’est la clef de voute du traité de Versailles et la garantie d’une paix durable en Europe.

Cette première alliance atlantique, aujourd’hui oubliée car rendue caduque par la non-ratification en 1919 du traité de Versailles par le Sénat américain, est fondamentale pour Clemenceau qui continuera à en défendre l’idée jusqu’à sa mort en 1929, notamment lors d’une série de conférences aux Etats-Unis en 1922 où il est accueilli en héros.

Intervenant


Photo par Ugo Padovani / Hans Lucas

Patrick Weil est Directeur de Recherche au CNRS rattaché au Centre d’histoire sociale du XXe siècle de l’Université Paris 1.
Il est également professeur invité à la faculté de droit de l’Université Yale et professeur à l’École d’économie de Paris.

Patrick Weil a rassemblé dans Lettres d’Amérique, les 100 articles qu’ a écrit Clemenceau entre 1865 et 1869. Articles jamais publiés en France, alors qu’ils avaient été jugés si remarquables par les Américains qu’ils avaient été, en 1928, traduits en anglais et publiés.

Plus récemment dans le Président est-il devenu fou ? Le diplomate, le psychanalyste et le Chef de l’Etat, il revient sur l’impact de l’amitié pour l’Amérique de Clemenceau, au cœur des négociations du traité de Versailles.

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